PFAS : risques santé et dosage des polluants éternels

PFAS : comprendre l’exposition et le dosage sanguin

Les PFAS suscitent une attention croissante en raison de leur présence dans l’environnement et de leurs effets potentiels sur la santé. Retrouvés dans l’eau, l’air, les sols et l’alimentation, ils soulèvent aussi des questions sur l’évaluation de l’exposition, notamment par dosage sanguin.

PFAS : risques santé et dosage des polluants éternels

PFAS : comprendre ces "polluants éternels"

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) constituent une grande famille de composés chimiques fluorés, appelés en anglais Per- and Polyfluoroalkyl Substances.

On estime aujourd’hui qu’il existe plus de 4 000 composés fluorés, voire jusqu’à 15 000 selon les classifications utilisées.

Certains PFAS sont bien identifiés et surveillés, tandis que d’autres restent encore mal connus ou difficiles à détecter. Cette diversité complique leur surveillance ainsi que l’évaluation de leurs effets sur la santé et l’environnement.

Les PFAS sont  extrêmement stables dans l’environnement.

Cette propriété est  liée à leur structure chimique, notamment à la liaison carbone-fluor (C–F), considérée comme l’une des plus solides en chimie.

Conséquence : ces substances se dégradent très lentement et peuvent persister pendant de nombreuses années :

  • dans l’eau,
  • dans les sols,
  • dans l’air,
  • mais aussi dans les organismes vivants.

Les PFAS peuvent également s’accumuler progressivement dans le corps humain après ingestion, inhalation ou exposition répétée.

Cette persistance environnementale et biologique explique leur surnom de « polluants éternels ».

Les PFAS ont été largement utilisés pour leurs propriétés :

  • antiadhésives,
  • imperméabilisantes,
  • anti-taches,
  • résistantes à la graisse.

Ils sont présents dans de nombreux produits du quotidien.

Des technologies connues comme Gore-Tex®, Scotchgard® ou Teflon® ont diffusé largement les PFAS dans notre environnement quotidien.

Comment l’exposition aux PFAS se produit-elle ?

Aujourd’hui, l’exposition aux PFAS concerne l’ensemble de la population.

Les PFAS peuvent être relargués par :

  • 👕 les vêtements et textiles techniques imperméables
  • 🛋️ les tapis, canapés et moquettes traités anti- tache
  • 🥡les emballages alimentaires résistants aux graisses
  • 🍳 des objets de cuisine avec revêtement antiadhésif
  • 💄  des cosmétiques et produits de maquillage longue tenue

Les PFAS peuvent contaminer  certains aliments ainsi que l’eau de consommation.

En France, une surveillance est mise en place pour plusieurs catégories d’aliments, notamment :

  • les œufs,
  • les poissons,
  • les mollusques,
  • certaines viandes.

L’eau potable fait également l’objet d’une surveillance.

Les PFAS se diffusent dans l’environnement :

  • dans l’air,
  • dans les sols,
  • dans les eaux superficielles et souterraines.

De nombreuses études environnementales sont actuellement en cours afin de mieux comprendre l’étendue de cette contamination.

⚠️Qui est le plus exposé aux PFAS ?

Certaines professions présentent un risque d’exposition plus important, notamment :

  • les salariés d’industries utilisant ou produisant des PFAS ;
  • les professionnels manipulant directement ces substances ;
  • certains sapeurs-pompiers exposés aux mousses anti-incendie contenant des PFAS.

Cette exposition professionnelle peut s’ajouter à l’exposition environnementale déjà présente dans la population générale.

Les personnes vivant à proximité :

  • d’industries utilisant des PFAS ;
  • de zones aéroportuaires ;

peuvent également être davantage exposées via l’environnement.

Certaines périodes de la vie sont considérées comme particulièrement sensibles :

  • la vie intra-utérine,
  • la petite enfance,
  • l’adolescence.

Une exposition pendant ces périodes critiques du développement pourrait avoir des conséquences à long terme sur la santé.

PFAS et santé : quels sont les effets possibles ?

Pour certains PFAS, les études scientifiques ont mis en évidence des associations avec :

  • une augmentation du cholestérol
  • des anomalies lipidiques
  • une diminution de l’efficacité des vaccins
  • une diminution du poids de naissance
  • une augmentation du risque de cancer du rein

Le PFOA est classé comme cancérogène par certaines agences sanitaires internationales, tandis que le PFOS est considéré comme possiblement cancérogène.

D’autres effets restent actuellement étudiés ou suspectés :

À ce jour, de nombreuses incertitudes persistent concernant les conséquences d’une exposition chronique à faible dose.

Les PFAS font partie des perturbateurs endocriniens.

Ils s’ajoutent à d’autres substances chimiques environnementales comme :

  • les phtalates,
  • les parabènes,
  • le bisphénol A,
  • les composés bromés,
  • les composés organochlorés,
  • les dioxines et furanes.

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🩸Dosage sanguin des PFAS

Un dosage sanguin peut être envisagé :

  • dans le cadre d’une démarche personnelle;
  • lors d’un suivi professionnel;
  • dans le cadre du suivi de salariés exposés;
  • après une contamination environnementale connue

Un dosage peut être discuté en cas :

  • d’exposition professionnelle connue ;
  • de proximité avec un site industriel ;
  • d’interrogations liées à une une contamination environnementale ;
  • de suivi de populations exposées.

Le dosage sanguin permet :

  • de savoir si une personne a été imprégnée par certains PFAS,
  • d’en mesurer le niveau dans l’organisme

Le résultat reflète principalement une exposition passée ou chronique.

Les laboratoires surveillent principalement certains PFAS, notamment :

  • PFDA
  • PFHxS
  • PFNA
  • PFOA
  • PFOS
  • PFUnDA

🔬Quelles sont les limites du dosage des PFAS ?

À ce jour, le dosage des PFAS est généralement hors nomenclature et n’est pas remboursé.

Afin de limiter tout risque de contamination externe, les professionnels recommandent de :

  • ne pas appliquer de crème, lotion ou huile sur le bras prélevé dans les jours précédant la prise de sang.

Cette précaution contribue à garantir la fiabilité des résultats.

Il n’existe pas encore de valeurs de référence pour l’ensemble des PFAS.

Un résultat sanguin ne permet pas, à lui seul, de prédire l’apparition d’une maladie.

Le dosage correspond avant tout à un indicateur d’exposition.

Le résultat d’un dosage réalisé à un instant donné reflète principalement une exposition historique.

Il n’est pas prédictif d’un état de santé futur.

Pour certains PFAS, des seuils d’imprégnation ont toutefois été proposés afin d’identifier des situations nécessitant une réduction des expositions.

Les connaissances scientifiques évoluent rapidement et de nouvelles données sont régulièrement publiées.

💡 Comment réduire son exposition aux PFAS ?

Les recommandations actuelles reposent principalement sur la réduction des sources d’exposition aux PFAS, mais également, plus largement, sur la limitation de l’exposition aux perturbateurs endocriniens présents dans l’environnement quotidien.

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Quelques mesures simples

  • Limiter l’utilisation de produits contenant des PFAS lorsque des alternatives existent
  • Privilégier des ustensiles sans revêtement dégradé
  • Réduire l’exposition globale aux perturbateurs endocriniens (plastiques alimentaires chauffés, certains cosmétiques, produits parfumés ou traitements anti-taches)
  • Suivre les recommandations sanitaires locales concernant l’eau ou certains aliments
  • Favoriser la prévention et la surveillance des expositions professionnelles

Pour aller plus loin sur la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, vous pouvez consulter le guide pratique du site 1000 premiers jours, qui propose des conseils concrets pour limiter les expositions au quotidien, notamment pendant la grossesse et les premières années de vie de l’enfant.

À retenir

  • Les PFAS sont des substances chimiques très persistantes dans l’environnement et dans l’organisme.
  • L’exposition concerne aujourd’hui l’ensemble de la population.
  • Un dosage sanguin peut permettre d’évaluer une imprégnation par certain PFAS.
  • Le dosage n’est actuellement pas remboursé et ne permet pas, à lui seul, de prédire un risque de maladie.
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