Le diabète et le laboratoire
📊 Le diabète en France
En France, 7.4 % des adultes souffrent de diabète.
Prés de 25 % des personnes diabétiques ignorent leur maladie.
Le diabète est une maladie fréquente et souvent silencieuse au début, ce qui explique l’importance du dépistage précoce.
Le laboratoire est souvent le premier lieu de dépistage.
❓ Comment savoir si je suis diabétique ?
Reconnaître les signes du diabète
Le diabète peut évoluer longtemps sans symptôme visible. Pourtant, certains signes doivent alerter.
- Envie d’uriner très souvent, y compris la nuit
- Soif intense et inhabituelle
- Faim excessive, même après avoir mangé
- Perte de poids inexpliquée
- Infections à répétition (cutanées, urinaires, mycoses…)
- Cicatrisation lente des plaies
- Fatigue persistante, sans raison évidente
Ces symptômes peuvent être absents ou peu marqués.
Important à savoir : la présence de ces symptômes ne suffit pas à poser un diagnostic.
Pour savoir si l’on est diabétique, un dépistage par prise de sang est indispensable. En cas de doute, parlez-en à un professionnel de santé.
🔬💉Dépistage biologique du diabète
L’examen de référence est la glycémie à jeun, c’est-à-dire la mesure du taux de sucre dans le sang après au moins 8 heures sans manger.
🟢 Glycémie à jeun < 1,10 g/L
Pas de diabète
Pas de prédiabète
Le diabète évolue souvent lentement, sans symptôme visible. Mieux vaut dépister avant l’apparition des signes.
👉 Même en l’absence de diabète, la prévention reste essentielle.
🟠 Glycémie à jeun entre 1,10 et 1,25 g/L
Situation de prédiabète
Il ne s’agit pas encore d’un diabète, mais le risque est réel.
Le Prédiabète concerne 1 adulte sur 10 en France
👉 C’est une zone d’alerte métabolique
Dans la majorité des cas, il s’agit d’un processus progressif, qui peut évoluer sur 5 à 10 ans.
L’insulino-résistance
Les cellules de l’organisme répondent moins bien à l’insuline, l’hormone qui permet au sucre d’entrer dans les cellules.
Compensation du pancréas
Le pancréas produit davantage d’insuline pour maintenir une glycémie normale.
À ce stade, la glycémie est plus élevée que la normale, mais pas encore au seuil du diabète.
Le prédiabète
On parle de prédiabète : c’est une phase d’alerte, réversible dans de nombreux cas grâce à des changements de mode de vie
Epuisement progressif du pancréas
Avec le temps, la compensation devient insuffisante. Le pancréas ne produit plus assez d’insuline pour compenser l’insulino-résistance.
Le déficit en insuline
La glycémie augmente durablement :
le diabète est déclaré.
Le prédiabète ne se limite pas à une glycémie légèrement élevée.
Il peut s’accompagner d’autres déséquilibres métaboliques, souvent silencieux.
Index HOMA
Calculé à partir de la glycémie et de l’insuline, il évalue la résistance à l’insuline et le risque de maladies métaboliques.Bilan hépatique (ASAT, ALAT, GGT, PAL)
Permet de dépister un foie gras (NASH)Score de fibrose hépatique ( ex: score FIB-4) Evalue le risque de fibrose du foie sans examen invasif.
🔴 Glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L
Diabète suspecté
Un diagnostic précis médical est nécessaire.
Le diagnostic repose sur des critères précis :
Glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L confirmée sur deux prélèvements réalisés après au moins 8 heures de jeûne
OU
Glycémie ≥ 2 g/L, mesurée à n’importe quel moment de la journée, avec symptômes évocateurs
Une fois le diabète confirmé, des analyses complémentaires sont réalisées afin de mieux caractériser la situation et de préparer la prise en charge.
Parmi elles, l’HbA1c, qui sera détaillée plus loin, contribue à orienter le suivi. Les résultats sont interprétés avec votre médecin.
Une prise en charge globale et progressive
La découverte d’un diabète s’accompagne d’un suivi médical structuré, comprenant :
suivi médical régulier
conseils hygiéno-diététiques personnalisés
traitement médicamenteux si nécessaire
suivi biologique régulier, au laboratoire
Pour en savoir plus consulter la fédération française des diabétiques
Un diagnostic précoce permet d’agir rapidement et de réduire durablement le risque de complications.
📈 Surveiller le diabète
Comprendre et suivre l’HbA1c
Sa fréquence de réalisation n’est pas la même pour tout le monde : elle est déterminée avec votre médecin, puis ajustée au fil du temps selon votre situation.
Tous les 3 mois si diabète instable, déséquilibre glycémique ou changement de traitement
Tous les 6 mois si diabète stable et bien équilibré
(recommandations de la Haute Autorité de Santé – HAS 2025)
Ils sont définis avec votre médecin, puis réévalués régulièrement, en fonction de votre situation personnelle.
L’objectif peut être plus strict ou plus souple selon :
votre type de diabète
la nature de votre traitement
votre âge
la présence éventuelle de complications
l’existence d’autres maladies associées
L’objectif est de trouver le meilleur équilibre entre une bonne maîtrise de la glycémie et une qualité de vie satisfaisante.
Pour la majorité des personnes atteintes de diabète de type 2 :
HbA1c inférieure à 7 %
Dans certaines situations, le résultat de l’HbA1c peut être faussé et ne pas refléter fidèlement la glycémie réelle :
Anémie récente
Grossesse
Certaines maladies de l’hémoglobine (appelées hémoglobinopathies, comme la drépanocytose)
Dans ces cas, l’hémoglobine ne se comporte pas de façon habituelle, ce qui peut modifier artificiellement le résultat de l’HbA1c.
Votre médecin pourra alors proposer d’autres méthodes de suivi plus adaptées.
🩸 Glycémie veineuse ou capteur de glucose : quelle différence ?
Mesure ponctuelle du taux de sucre dans le sang, réalisée par prise de sang.
Elle donne une information à un moment précis.
Mesure en continu le glucose dans le liquide interstitiel, permettant de suivre les variations de la glycémie au quotidien.
Après un repas, le glucose passe du sang vers le liquide interstitiel.
Ce transfert prend du temps, expliquant un décalage temporel entre les deux mesures.
À retenir : glycémie veineuse, capteur de glucose et HbA1c se complètent pour un suivi optimal du diabète. Le suivi biologique permet d’agir avant l’apparition des complications
🛡️ Prévenir et surveiller les complications du diabète
Le diabète peut, avec le temps, entraîner des complications silencieuses mais sérieuses. C’est pourquoi un suivi médical régulier est essentiel, même lorsque l’on se sent bien.
Certaines prises de sang permettent de détecter précocement les risques associés au diabète :
Numération formule sanguine (NFS) : aide à interpréter correctement l’HbA1c, un indicateur clé de l’équilibre du diabète
Bilan lipidique (cholestérol, triglycérides) : évalue le risque cardiovasculaire
Bilan hépatique (ASAT, ALAT, GGT, PAL, FIB-4) : surveille la santé du foie
Fonction rénale (créatinine, DFG, micro-albuminurie) : permet de repérer une atteinte des reins à un stade précoce
Chez les personnes atteintes de diabète de type 1, des analyses spécialisées peuvent être réalisées pour rechercher une origine auto-immune et d’éventuelles maladies associées, comme :
Certaines maladies de la thyroïde
Une insuffisance surrénalienne
Ces examens incluent la recherche d’auto-anticorps spécifiques (anti-GAD, anti-IA2, anti-îlots de Langerhans, anti-ZnT8).
Un diabète mal équilibré peut affecter différents organes :
Le cœur et les vaisseaux (risque cardiovasculaire)
Les nerfs (fourmillements, douleurs, perte de sensibilité)
Les reins ( insuffisance rénale)
Les yeux (rétinopathie)
La cicatrisation, plus lente et fragile
Bonne nouvelle : un suivi régulier, une prise en charge adaptée et un mode de vie équilibré permettent de réduire fortement ces risques.
❓ Questions fréquentes – Le diabète et le laboratoire
Il existe une prédisposition génétique, surtout pour le diabète de type 2.
Non, mais une adaptation nutritionnelle personnalisée est indispensable.
Oui, directement au laboratoire.
Oui : glycémie et bilan lipidique (12 h de jeûne)
Non : HbA1c seule, réalisable à tout moment
Toujours suivre les consignes du laboratoire ou de la prescription.
Oui. Elle permet de dépister une atteinte rénale avant même qu’une anomalie sanguine n’apparaisse.
Avez-vous déjà entendu parler de « Juin sans sucres » ?
Ce mois est consacré à la sensibilisation et à l’accompagnement vers une meilleure gestion de la consommation de sucres au quotidien.
L’objectif : reprendre le contrôle progressivement, prévenir l’évolution vers le diabète et adopter des habitudes alimentaires plus équilibrées.