Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comprenant la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH), sont de plus en plus fréquentes en France.
🌍 La région des Hauts de France est une zone très touchée.
📈 Ces pathologies, qui entraînent une inflammation chronique de l’intestin, affectent un nombre croissant de patients, notamment les jeunes adultes.
Le diagnostic et le suivi de ces maladies nécessitent une approche clinique et biologique approfondie, en complément des explorations endoscopiques.
🔍Diagnostic de la maladie de Crohn et de la RCH
🔬 Tests biologiques
La CRP (protéine C-réactive) reflète l’inflammation systémique dans l’organisme.
- Elle augmente souvent en cas de poussée inflammatoire de Crohn ou de RCH.
- Elle aide à suivre l’évolution de l’inflammation et à évaluer la réponse aux traitements.
- Elle n’est pas spécifique des MICI, mais elle complète efficacement les autres marqueurs, notamment la calprotectine.
Avant de confirmer une MICI, il est essentiel d’exclure d’autres maladies pouvant provoquer les mêmes symptômes.
La coproculture recherche des bactéries pathogènes.
La parasitologie dépiste la présence de parasites intestinaux.
Ces examens sont particulièrement utiles lorsque les symptômes ne sont pas typiques, ou lorsque le diagnostic reste incertain.
Les tests sérologiques ASCA (anticorps anti–Saccharomyces cerevisiae) et ANCA (anticorps anti-neutrophiles cytoplasmiques) sont souvent utilisés pour orienter le diagnostic.
Les ASCA sont plus fréquemment positifs chez les patients atteints de maladie de Crohn.
Les ANCA apparaissent plus souvent chez ceux atteints de RCH.
Cependant, leur faible sensibilité limite leur valeur diagnostique :
➡️ Ils peuvent être négatifs même chez des patients atteints de MICI.
➡️ Ils ne remplacent donc pas les examens coloscopiques.
Détection de l’inflammation : un taux élevé de calprotectine peut indiquer une inflammation intestinale, comme dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), par exemple la maladie de Crohn.
Différencier les troubles : en cas de troubles fonctionnels, comme le syndrome de l’intestin irritable, le taux reste généralement normal. Ce test aide donc les médecins à mieux orienter le diagnostic.
Limites du test : la calprotectine n’est pas spécifique d’une seule maladie. Elle peut également augmenter lors d’infections digestives ou d’autres colites inflammatoires.
Recommandation HAS : selon la Haute Autorité de Santé (HAS, 2020), ce test peut être utile chez les personnes de moins de 50 ans présentant des troubles digestifs chroniques.
Remboursement et sécurité sociale : son utilisation reste encore à préciser dans la pratique et la sécurité sociale ne le rembourse pas systématiquement, ce qui peut limiter l’accès pour certains patients.
🩺 Rôle du gastro-entérologue : La coloscopie
Malgré l’intérêt des tests biologiques, la coloscopie demeure l’examen de référence pour diagnostiquer la maladie de Crohn ou la RCH.
Elle permet de :
visualiser directement les lésions caractéristiques (ulcérations profondes, sténoses, fissures, fistules…),
évaluer l’étendue de l’atteinte intestinale,
réaliser des biopsies indispensables pour confirmer le diagnostic au microscope.
🧭 Suivi biologique de la maladie de Crohn et de la RCH
Une fois le diagnostic établi, le suivi biologique est essentiel pour ajuster les traitements en fonction de l’évolution de la maladie et de l’activité inflammatoire.
La CRP reste également utilisée pour suivre la réponse au traitement. Un taux élevé de CRP peut signaler une inflammation persistante, tandis qu’un taux normal ou en baisse indique une réponse favorable au traitement.
Le suivi de la calprotectine fécale est crucial dans la gestion des MICI. Un taux élevé de calprotectine indique une poussée inflammatoire nécessitant un réajustement du traitement. Des niveaux normaux ou faibles suggèrent que l’inflammation est contrôlée et que le traitement est efficace.
Les immunosuppresseurs et les biothérapies peuvent entraîner des effets secondaires, tels que des infections, des troubles hépatiques ou rénaux. Il est donc essentiel de réaliser des analyses sanguines régulières pour surveiller la fonction hépatique, rénale et sanguine et ajuster les traitements en fonction des résultats.
Chez les patients sous biothérapies (anti-TNF, anti-IL-12/23, etc.), un suivi biologique permet d’évaluer l’efficacité du traitement et de détecter la présence d’anticorps anti-médicament, qui peuvent réduire l’efficacité de ces traitements. L’évolution de la calprotectine, de la CRP et des tests spécifiques pour mesurer les anticorps guide les ajustements thérapeutiques.
Les carences nutritionnelles sont fréquentes à cause de l’inflammation intestinale, de la malabsorption et parfois des restrictions alimentaires. Les principales carences à surveiller sont:
D’autres carences peuvent être observées selon le contexte clinique, notamment : zinc, magnésium et albumine.